Camille Pissarro — Dessinateur et Graveur

Du 18 mars 2025 au 11 avril 2025

Camille Pissarro — Dessinateur et Graveur
La Galerie Louis Barrand présente un ensemble rare d'eaux-fortes et de dessins inédits de Camille Pissarro (1830-1903). Moins connue que sa peinture, l'œuvre gravé de Pissarro révèle un artiste expérimentateur, attentif aux effets de lumière et aux scènes de la vie rurale. **Camille Pissarro et la gravure ** Considéré comme le « père des impressionnistes », Camille Pissarro est un travailleur acharné qui se remet sans cesse en question. Paul Cézanne, un de ses amis, affirme : « Nous sortons peut-être tous de Pissarro (...). C’est lui, le premier impressionniste. » Pissarro se lance dans la gravure au début des années 1860, principalement sous l’influence d’un mouvement de peintres-graveurs surnommé « le renouveau de l’eau-forte ». Avec Degas, il est l’impressionniste qui s’intéresse le plus sérieusement à l’estampe : les deux hommes introduisent très tôt la taille douce dans leur pratique. De leur rencontre va subsister un ensemble d’estampes dont le caractère expérimental fait date dans l’Histoire de l’art. Sans le savoir, Degas et Pissarro créent avec l’estampe « originale » un objet d’art adapté à toutes les fortunes. Après 1890, rallié dans la lutte sociale aux idées anarchistes, Camille Pissarro cherche à associer sa pratique de graveur et ses convictions. Selon Michel Melot, il « trouve dans l’estampe le médium qui peut offrir l’unique à tous et le meilleur pour tous ». Contrairement à la peinture, l’impression conserve le souvenir des « états » appelés à disparaître. Pour Pissarro, chaque « état » est considéré comme une œuvre achevée. Pour Christophe Duvivier, « Pissarro innove en sachant qu’il ne va pas être compris des marchands ni des collectionneurs d’estampes. » Il parle de « sensation d’art » ou encore « d’impressions gravées. » Par la gravure, Pissarro poursuit ses recherches dans diverses techniques. Ainsi, la gravure se révèle pour le peintre impressionniste comme un laboratoire expérimental qui contribue à son évolution durant les vingt-cinq dernières années de sa carrière. Pissarro, comme relève Jean Leymarie, est avec Degas « le plus graveur des impressionnistes et le plus impressionniste des graveurs.» Enfin, selon Charles Kunstler, « Camille Pissarro a laissé un grand nombre de planches - près de 200 -, dont la plupart s’impose à l’admiration par leur transparence, par l’observation aiguë de la nature, par la richesse et l’originalité de la technique. Presque inconnu de son vivant, l’œuvre gravé de Pissarro fut révélé au grand public en 1923, vingt ans après la mort du maître, quand parut le catalogue de ses estampes ». Un siècle plus tard, la galerie a l’honneur de remettre en lumière ce corpus exceptionnel, qui place son auteur au rang des plus grands graveurs de l’Histoire de l’art. **Les dessins inédits** L’ensemble de gravures présenté à l’occasion de cette exposition est complété de vingt-huit dessins dont dix-sept inédits provenant de la succession de Claude Bonin-Pissarro. Il est le fils du peintre français Alexandre Bonin et de Jeanne Pissarro (dite Cocotte, 1881–1948), fille de Camille. Jeanne, contrairement à ses frères, est la seule des enfants qui ne recevra pas l’éducation artistique inculquée par le « père des impressionnistes ». En effet, comme nous l’a signalé Lionel Pissarro, arrière petit-fils du peintre, Madame Pissarro se refusa à l’idée que sa fille devienne artiste et privilégiera des activités de couture ou de broderies, comme le reflètent les différents portraits réalisés par son père. Les dix-sept dessins inédits étaient absents de la vente de la collection d’Alexandre Bonin et Jeanne Pissarro ayant eu lieu le 26 juin 1931 à l’Hôtel Drouot. Ils sont donc montrés pour la première fois dans le cadre de notre exposition. Nous présentons également deux pièces issues de la vente de 1931 : La Chaumière et La Jeune Paysanne, ainsi qu’une dizaine de dessins rassemblés au fil du temps et sur lesquels nous avons effectué des recherches bibliographiques afin d’en retracer la provenance. Nous les avons également soumis au regard avisé de Joachim Pissarro qui réalise le catalogue raisonné des dessins de son aïeul, et qui a délivré un certificat d’authenticité pour chacune de ces feuilles. Le but de notre exposition est de mettre en regard l’œuvre gravé et dessiné de Camille Pissarro. Nous souhaitons ainsi que soit reconsidéré le corpus de gravures posthumes, pendant trop longtemps oublié, et qui pourtant constitue la version la plus aboutie du travail de l’artiste (dernier état), tel qu’il l’a souhaité. Nous mettons sur le même plan les gravures posthumes et les dessins préparatoires qui portent très souvent le même monogramme (Lugt 613e). À travers ces deux facettes de son œuvre, le trait de Camille Pissarro, au burin ou au crayon, se trouve confronté au regard du visiteur.
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