# Galerie Louis Barrand — Contenu intégral Galerie d'art parisienne spécialisée dans la redécouverte d'artistes des XIXe et XXe siècles. ## À propos de la galerie Louis Barrand est spécialisé en tableaux, dessins et estampes du XIXe à l'après-guerre. Il prépare le catalogue raisonné de Jacques Despierre (1912-1995) et poursuit le travail de Caroline Imbert sur celui d'Eugène Lami (1800-1890). Fort d'une riche expérience au sein du marché de l'art à Paris et à Londres, Louis Barrand a ouvert sa galerie à 27 ans au coeur du huitième arrondissement, en face du Palais de la Découverte. Il a reçu le Prix Marcus au Ministère de la Culture en 2025, récompensant son engagement pour la valorisation du patrimoine artistique français. Il réalise des expositions et conseille amateurs et collectionneurs dans leur processus d'acquisition et de vente d'oeuvres d'art. Prix Marcus : Le Prix Marcus au Ministère de la Culture récompense l'engagement d'un galeriste pour la valorisation du patrimoine artistique français. Louis Barrand l'a reçu en 2025. Adresse : 7, avenue Franklin Roosevelt Paris VIIIe France Horaires : Sur rendez-vous Téléphone : +33 6 32 17 01 44 Email : galerielb.paris@gmail.com Instagram : https://www.instagram.com/galerielouisbarrand/ LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/louis-barrand-b864bb152/ ## Artistes (19) ### Georges Rohner (1913-2000) Georges Rohner, qui a appris à dessiner au côté d’un oncle, interrompt ses études au Lycée Janson de Sailly et se présente avec succès aux Beaux-Arts de Paris. Il dessine d’après l’antique et admire au Louvre les œuvres de Uccelo, Mantegna, Chardin, Corot, Champaigne et particulièrement Georges de La Tour, David et Ingres dont il aime « l’esthétique classique issue du retour à l’antique prôné par Winckelmann à la fin du XVIIIe siècle » selon Lydia Harambourg. Chez les modernes, seul Mondrian, retient son attention. En 1930, Rohner est admis à l’atelier Lucien Simon où il rencontre Humblot et Despierre avec qui il noue des liens d’amitié solide et durable : ils seront tous deux admis à l’Académie des Beaux-Arts 40 ans plus tard. Il fait ses débuts au Salon d’Automne où il exposera régulièrement, puis participe au Salon des Indépendants et aux Tuileries. Sa conviction que le salut de la peinture passe par un retour au sujet est stimulé par les expositions Les peintres de la réalité en France au XVIIIe siècle et Les Le Nain qui l’impressionnent. En 1935, il rejoint le groupe Forces Nouvelles avec Humblot, Jannot, Lasne, Pellan et Tel Coat. Le groupe est placé sous le patronage de David et Ingres. Lors de son service militaire, il se rend en Guadeloupe où il décore l’Hôtel de Ville de Basse-Terre. Rohner participe au premier Salon de la Nouvelle Génération puis sa première exposition personnelle est organisée en 1936. Mobilisé, il est fait prisonnier au Stala XII à Trèves dont il décore la chapelle. De retour en 1942, il s’installe rue Bonaparte où viendra plus tard le rejoindre son ami Despierre à quelques numéros. Arrivé à la maturité de son art, Rohner consacre son œuvre aux paysages, aux portraits et aux natures mortes. En renouvelant sa vision des choses, Rohner a, selon Lydia Harambourg, « créé des sujets neufs qui ne doivent rien à l’histoire, à la mythologie. Ayant toujours refusé l’abstraction, il puise dans un répertoire concret, objets et êtres réels qui apparaîtront épurés, dépouillés de toutes références culturelles et de toute allusions de caractère surréaliste, afin de donner de cette réalité visible une intensité plus grande. » Rohner expose à la galerie Framond de 1951 à 1953. La critique le célèbre, notamment Pierre Descargues, Pierre du Colombier, Claude Roger-Marx et André Warnod. Ses expositions se succèdent dans les années 1960, notamment à la Galerie de Paris. Il expose chez les Wildenstein à Londres en 1973 et New-York en 1974 pour rejoindre définitivement la galerie Framond en 1983. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées : Centre Pompidou, Musée d’art moderne de Paris, Metropolitan Museum de New York, Angers, Brest, Caen, Beauvais, Menton, Nancy, Rodez, Rouen. Contexte : Dans la fausse querelle, abstraction figuration, Rohner reste convaincu que « l’abstraction est l’armature de la figuration ». Le tableau étant d’abord une organisation de surfaces. Il atteint à un mystère intemporel des choses par une répartition inattendue de l’espace, privilégiant les vides. Il réalise une mise en abîme formelle où les vides et les pleins dispensent une apparente étrangeté renforcée par le sujet : un livre ouvert suspendu sur une ligne suggérant une étagère, une pile d’assiettes tombant en cascade. Lydia Harambourg ### Pierre Brochet (1922-2016) Pierre Brochet, né le 10 décembre 1922 à Auxerre, a passé son enfance dans la propriété familiale, entouré de cinq frères et sœurs. Il est issu d’une famille aisée dont le père est artiste peintre et auteur dramatique. Son frère François est également un sculpteur célèbre d’Auxerre. Après le baccalauréat, ses pas le mènent vers la pépinière familiale, à Vitry près de Paris, où va se dessiner son avenir de jardinier-paysagiste. Activité qu’il mènera de pair avec la pratique de la photographie, sa grande passion dès 1937. Dans le paysage de la photographie des années quatre-vingts, se dessinent chez les pratiquants de cet art quelques velléités de s’affranchir de l’industrie, la qualité des papiers n’étant plus ce qu’elle était. Chacun s’évertue à pallier ces inconvénients par la recherche d’autres voies, que la vieille littérature ou les manuels de cours pouvaient offrir aux praticiens désemparés : charbon, platine, encres grasses, gomme bichromatée, virages, sténopé. Le nom de Pierre Brochet apparait souvent dans les discussions des spécialistes qui souhaitent l’approcher pour l’interroger sur ces procédés abandonnés dont il semble détenir toutes les clés. En 1981, une exposition rétrospective est organisée au musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône. L’année suivante, Brochet dirige un stage de tirage au charbon. La résurrection des procédés anciens vient de démarrer. En 1983, il crée son atelier de gravure héliographique et réalise un portfolio de dix planches gravées d’après les tirages originaux de Charles Nègre. L’association pour la photographie ancienne (APA) nait naturellement de cette conjoncture favorable. Brochet, en tant que spécialiste français des anciens procédés photographiques (gomme bichromatée, tirage au charbon ou au platine), en est le fondateur. Tenant ses troupes en main, il donne à travers ses nombreux stages le goût et les moyens de faire revivre ces techniques méconnues. La préférence de Pierre Brochet va vers la gravure héliographique où il fait autorité. Outre ses images personnelles, il sait mettre son talent au service des plus grands photographes (Salgado, Weiss, Dieuzaide, Nègre, Atget), valorisant leurs œuvres par ces tirages portés par les plus beaux papiers d’art, gage d’une image presque palpable, au relief saisissant, éternelle par la qualité des pigments qu’elle contient. « En gravure originale ou en gravure photographique à l’aquatinte sur cuivre, l’essuyage manuel et l’écrasement par les rouleaux de la presse provoquent une modification des planches, et, par voie de conséquence, des épreuves. Certains numéros seront préférés à d’autres par les amateurs. » Brochet réalise pour l’APA un portfolio édité en soixante-dix exemplaires : Appel aux sources, plaidoyer polémique au secours des procédés photographiques méconnus, et comportant trente tirages en héliogravure exécutés dans son atelier, signés par les auteurs. En 2004, il publie avec Béatrice Seguin : Mariette en Egypte ou la métamorphose des ruines. Pierre Brochet dans les collections publiques Musée Carnavalet, Paris Bibliothèque nationale de France, Paris Centre Pompidou, Paris Bibliothèque historique de la Ville de Paris Musée Rodin, Paris La Maison de Monet, Giverny Musée Nicéphore Niepce, Chalon-sur-Saône Photo Elysée - Musée cantonal pour la photographie, Lausanne Musée français de la photographie, Bièvres Galerie Le Château d'Eau, Toulouse Centre national de la photographie, Paris Ecole nationale supérieure de photographie, Arles Centre photographique d'Ile de France Mission du Patrimoine, Paris Institut national de l'information géographique et forestière, Saint-Mandé Villes de Montpellier, Pithiviers, Saint Florentin, Grasse Contexte : Pierre Brochet est le grand défenseur des procédés anciens de la photographie et redécouvreur de l'héliogravure. La Galerie Louis Barrand lui a consacré une exposition monographique en 2022, à l'occasion du centenaire de sa naissance. ### Jacques Duthoo (1910-1960) Né à Tours en 1910, Jacques Duthoo choisi d’y passer toute sa vie, loin des polémiques qui entourent les manifestations artistiques de la capitale. Admirateur des maîtres anciens, de la création contemporaine et de l’œuvre de Georges Rouault avec qui il échange régulièrement, il commence à peindre en autodidacte à l’âge de 30 ans. Après avoir débuté en peignant des natures mortes et des fleurs, traitées en pleine pâte et de caractère expressionniste, à l’image de notre Bouquet de fleurs, il découvre la peinture non figurative. Deux ans plus tard, Wilhelm Uhde, collectionneur et critique d’art allemand, acquiert deux toiles. Duthoo commence à intéresser la critique. Sa première exposition a lieu à Paris en 1946 chez Denise René au côté de Serge Poliakoff. Duthoo expose tout au long de sa vie au Salon de Mai et fait l'objet de nombreuses expositions particulières à Paris, Bruxelles et en Suisse. En 1948, il expose à nouveau chez Denise René, cette fois aux côtés de maîtres comme Mondrian, Kandinsky, Vasarely et Sonia Delaunay. En 1950, Duthoo découvre une autre forme d'expression, au sein du groupe Graphies; il se met à la gravure, et acquiert une petite presse. Puis il travaille le fer, la céramique et réalise des cartons de tapisseries. Les vingt toiles qu’expose la galerie Ariel en 1959 connaissent un vif succès auprès de grands collectionneurs. Il s’agira de sa dernière exposition, quelques temps avant sa mort prématurée à l’âge de 50 ans. Réalités Nouvelles, où il exposait annuellement de 1950 à 1959, lui rend hommage et le Musée de Tours lui consacre une rétrospective dès 1961. Une nouvelle rétrospective plus importante a lieu au château de Tours en 2014. Ses œuvres sont conservées au Musée d’art moderne de Paris, au Musée des beaux- arts du canton de Vaud, au Musée de Tours et au Harvard Art Museum. ### Jacques Despierre (1912-1995) Fils du peintre Edmond Ceria, Jacques Despierre est très tôt initié à la peinture. Il commence à étudier à l’Académie Colarossi, puis à l’Académie scandinave où il suit l’enseignement de Charles Dufresne qui professe la nécessité d’une architecture structurée dans l’organisation du tableau. Despierre entre aux Beaux-Arts dans l’atelier de Lucien Simon en 1929. Au Louvre, il admire Chardin, Corot et Delacroix. À la demande paternelle, Despierre s’initie parallèlement à la gravure et illustre son premier ouvrage en 1930. Ses amitiés avec Gruber, Tailleux, Tal Coat, Lasne, Brayer, Humblot et Rohner sont synonymes d’émulation. Dans les galeries, Despierre découvre Picasso, Bonnard et Matisse puis il rencontre Jacques Villon, Charles Despiau et Marcel Gromaire qu’il admire. Grâce à l’architecte Jean-Charles Moreux, il découvre que « la surface est à la fois un phénomène concret et abstrait », sujet qu’il approfondit à la lecture de Mattila Ghycka. Sa première exposition a lieu chez Jeanne Castel en 1938, année où il gagne le Prix Paul Guillaume. Pendant et après la guerre, il réalise des travaux d’art décoratifs : meubles peints et tapisseries pour Jacques Adnet, fresques pour la Faculté de Pharmacie de Paris, puis pour les paquebots La Marseillaise et Ile de France notamment. Il travaillera pour de nombreux établissements publics tout au long de sa carrière. Despierre expose régulièrement à la Galerie Charpentier, à la Galerie de l’Elysée, puis chez René Drouet et chez Marcel Guiot. La critique est élogieuse : Waldemar Georges, George Besson, Pierre Cabanne et Jean Bouret vantent son œuvre. En 1969, Despierre est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts et l’année suivante, la Galerie de Paris lui consacre un accrochage autour des vues de Loire, jardins de Grèce et baigneurs. Sept ans plus tard, la galerie Wildenstein expose un ensemble de vues de Grèce et de toiles de chevaux. Hommages lui sont rendus dès 1973 à la Monnaie de Paris puis à Saint-Etienne. Présent dans de nombreux Salons, Despierre est membre fondateur du Salon de Mai, à qui il donne son nom. À la manière des artistes de la Renaissance, Despierre aime aborder toutes les techniques : il réalise des peintures murales et des mosaïques, illustre des ouvrages, dessine des cartons de tapis et tapisseries pour le Mobilier National et des décors de vases pour Sèvres, réalise les vitraux de Notre-Dame de Liesse et 80 médailles pour la Monnaie de Paris. Apprécié par la jeunesse et de nature pédagogue, Despierre succède à Gromaire au poste de chef d’atelier d’art mural à l’Ecole des arts décoratifs, et y introduit l’enseignement de la fresque et de la mosaïque. Ses œuvres sont notamment conservées au Centre Pompidou, au Musée d’art moderne de Paris, au Musée des Beaux-arts d’Orléans, au Musée de Grenoble, au Mobilier National au Virginia Museum of Fine Arts et au Victoria & Albert Museum. Contexte : Despierre fait partie des artistes que Louis Barrand connaît le mieux — la galerie prépare actuellement son catalogue raisonné. ### Eugène Lami (1800-1890) Eugène Lami (1800-1890) est un peintre, aquarelliste et lithographe français. Élève d'Horace Vernet et du baron Gros, il se distingue par ses scènes de genre élégantes, ses compositions historiques et ses aquarelles mondaines. Peintre officiel de la cour sous Louis-Philippe, il décore les appartements privés du Duc de Nemours aux Tuileries, ceux du Duc et de la Duchesse à Chantilly et les chateaux de Boulogne et Ferrières pour James de Rothschild. Contexte : Lami est l'un des chroniqueurs visuels les plus fins de la société parisienne du XIXe siècle. Ses aquarelles et lithographies documentent avec précision et élégance la vie aristocratique et bourgeoise de son époque. Louis Barrand poursuit le travail de Caroline Imbert dans la réalisation de son catalogue raisonné. ### Antoine de La Boulaye (né en 1951) Antoine de La Boulaye (né en 1951) est un peintre français contemporain spécialisé dans les sujets équestres et les scènes de chasse. Ses toiles, d'un réalisme vivant, capturent le mouvement et l'énergie du monde équestre avec une palette riche et une touche dynamique. La carrière d’Antoine de La Boulaye commence par sa formation à l'Ecole Supérieure d'Arts Graphiques et à l'Académie Julian à Paris. Puis il devient directeur artistique d’agences de publicité et d’édition jusqu’en 1980, pour ensuite se consacrer exclusivement à la peinture. Il s'impose rapidement comme un peintre de chevaux talentueux et expose régulièrement à la galerie La Cymaise à Paris. De prestigieuses institutions lui ouvrent leurs portes, des Grandes Écuries de Chantilly aux musées de Nantes et de Béziers, en passant par l'Institut français de Séville. De nombreuses grandes galeries françaises lui consacrent des expositions, notamment à la FIAC (Foire Internationale d'Art Contemporain) à Paris. La renommée d’Antoine de La Boulaye traverse les frontières, et il fait l'objet d'expositions personnelles en Suisse, en Belgique, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Sa reconnaissance officielle intervient en 1984, lorsque le président français lui commande deux tableaux. Le peintre passera alors plusieurs jours au château de Windsor au contact du prince Philip, qu’il passe de longs moments à dessiner sur ses fameux attelages. Les deux tableaux seront offerts en cadeau à Sa Majesté la Reine lors de la visite du président au Royaume-Uni, et sont toujours conservés dans les collections royales. Peintre polyvalent, le style d’Antoine de La Boulaye évolue constamment, dans sa recherche de traduction des atmosphères singulières, du monde du cheval à celui de l’Espagne et de l’Orient, qui le fascinent depuis son plus jeune âge. Après avoir représenté des scènes de chasse, de course et de calèche, toutes profondément ancrées dans la tradition classique qu'il maîtrise si bien, il s'oriente vers différents langages picturaux, explorant un temps l'abstraction contemporaine et les collages, où son sens de la couleur et du dessin manifestent encore son obsession pour le cheval. Il aborde également d'autres techniques comme la sculpture. Ses recherches l'ont récemment amenées à créer des images aux mises en scènes vives et colorées représentants des cavaliers réels ou imaginaires. Ces résultats sont obtenus en suivant un processus minutieux consistant à peindre d'abord son sujet de manière très aboutie avant de le déconstruire, de le frotter et de l'effacer puis de le superposer avec d'autres images. En résulte un sentiment accru de réalité en mouvement, voir d'émotion lors de la représentation des corridas. Les œuvres d'Antoine de La Boulaye sont présentes dans de prestigieuses collections privées et publiques, parmi lesquelles : S.A.R Charles III, Banque Société Générale, Fond Régional d'Art Contemporain de la Loire, Fond National d'Art Contemporain, Ambassades de France au Mexique, Ambassades de France à Madrid, Bibliothèque Nationale, Cabinet des Estampes, Paris, Musée de La Roche sur Yon (Arthoteque), La Monnaie de Paris, Ville de Niort. Contexte : Tantôt classique dans la représentation des chasses à courre, tantôt moderne, traitant le thème des courses en suivant les exemples de Degas et Lautrec, La Boulaye est reconnu comme un virtuose dans l’art animalier. Ses œuvres sont recherchées, aussi bien par les collectionneurs spécialisés que par les décorateurs. ### Camille Pissarro (1830-1903) Camille Pissarro est un peintre et graveur franco-danois, figure fondatrice de l'impressionnisme. Seul artiste à avoir participé aux huit expositions impressionnistes, il est considéré comme le doyen et le mentor du mouvement. Son oeuvre couvre les paysages ruraux, les scènes de marché et les vues urbaines. Natif des Antilles, Camille Pissarro part étudier en France, à la pension Savary dont le directeur l'encourage à cultiver ses dons pour le dessin. En 1852, il part pour Caracas où il demeure jusqu'en 1854 à peindre et dessiner, puis il rentre à Saint-Thomas pendant un an dans l'entreprise familiale. L’année suivante, Camille Pissarro renonce définitivement au commerce. Il suit des cours particuliers à l'École des Beaux-Arts tout en fréquentant diverses académies, dont celle du père Suisse, où il rencontre Claude Monet, Armand Guillaumin et Paul Cézanne, avec qui il travaillera fréquemment dans les années 1870. Camille Pissarro est un travailleur acharné qui se remet sans cesse en question. Il expose régulièrement au Salon officiel ainsi qu’au Salon des refusées de 1863. En 1874, il participe à la première exposition des peintres impressionnistes chez Nadar à Paris. Il est le seul peintre à avoir présenté des œuvres à toutes les expositions impressionnistes de 1874 à 1886. Ayant dix ans de plus que la plupart des impressionnistes, Pissarro est considéré comme le « père des impressionnistes ». Paul Cézanne, affirme : « Nous sortons peut-être tous de Pissarro (...). C’est lui, le premier impressionniste. » En 1885, Pissarro rencontre Georges Seurat et se laisse influencer par sa technique pointilliste. Dans les années 1880, il fait la connaissance de personnalités du mouvement anarchiste et collabore au journal Les Temps nouveaux. Dans la décennie 1890, Pissarro quitte le pointillisme pour retrouver une liberté créative sans contraintes formelles. Le succès commercial n’arrive que très tardivement. Toute sa vie, Pissarro est en butte à des difficultés financières. Il rencontre enfin l’adhésion du public à l’exposition universelle de 1900. Camille Pissarro meurt à Paris trois ans plus tard, après une courte maladie. Son œuvre est présente dans les plus grands musées du monde ainsi qu’au Musée Camille Pissarro de Pontoise. Contexte : Pissarro joue un rôle central dans l'histoire de l'impressionnisme, tant par sa peinture que par son influence sur Cézanne, Gauguin et les néo-impressionnistes. Ses gravures, moins connues que ses toiles, témoignent d'une maîtrise technique remarquable. ### Isabelle Hennessy (née en 1958) Isabelle Hennessy (née en 1958) est une artiste française contemporaine. Son travail explore les frontières entre figuration et abstraction à travers des compositions sensibles et une palette nuancée. Enfant, Isabelle Hennessy aime déjà dessiner. Son grand-père maternel, le peintre Olivier Flornoy, Prix de Rome, fait son admiration. N’osant affirmer son souhait de devenir peintre, elle sera infirmière de la Croix-Rouge, en mission de par le monde durant 12 ans. Puis elle entre aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Jean Leduc de 1988 à 1993, et rejoint celui de Mac Avoy. Isabelle Hennessy reçoit le premier prix au Salon des Peintres du IIIe Arrondissement de Paris en 1991, et expose personnellement dans cette mairie deux ans plus tard. Les Amis du Musée de Saint Calais lui remettent le premier prix du Salon des Arts en 2012. Sa seconde exposition personnelle a lieu en 2014 à la Galerie Bansart, suivie d'une nouvelle en 2017. Elle reçoit le prix spécial du jury à Poncé- sur-le-Loir lors de la journée des peintres Maxime Maufra en 2018. En 2019 elle participe à l’exposition diocésaine « Sainte-Geneviève, patronne de Paris » et en 2020 à l’exposition de groupe « Petits Formats » à la Petite Galerie, rue de Seine à Paris VIe. Isabelle Hennessy continue de participer à des salons et expositions, et réalise des grands décors pour des intérieurs, des évènements ainsi que des pièces de théâtre. Elle expose chaque année à la Galerie Michael Lonsdale, rue de Bourgogne à Paris, et régulièrement à la galerie Louis Barrand. Contexte : Isabelle Hennessy fait partie des artistes contemporains représentés par la Galerie Louis Barrand. Elle apporte un regard poétique et contemporain à la programmation de la galerie. ### Charles Dufresne (1876-1938) Né en 1876, Charles Dufresne appartient à la génération des Fauves. Il reçoit une formation académique à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier du médailleur Ponscarme. Ses premières œuvres sont celles d’un artiste sage dont la production est inspirée de la réalité. En 1903, il devient sociétaire du Salon de la Société nationale et expose au Salon des Artistes Indépendants. Dunoyer de Segonzac, Despiau, Waroquier puis Ceria deviennent ses intimes. Son séjour en Algérie entre 1910 et 1912 est une révélation qui marque considérablement son évolution. Au contact de la nature orientale, il s’éveille aux contrées lointaines et aux paysages exotiques. Pendant la guerre, il exécute dans un esprit cubiste des dessins et des aquarelles qui ont souvent un caractère imaginaire. À son retour réapparaissent des souvenirs de son séjour algérien et il peint des scènes de chasses orientales, des jungles et des paysages exotiques. Ces toiles - parmi lesquelles la Nature-morte au plâtre - aux tonalités sombres de vert et de brun, sont d’une grande densité. Tout en s’appuyant sur une construction rigoureuse, à l’instar des cubistes, le peintre ne traite pas la profondeur de l’espace. Il brosse au couteau à palette de grands volumes simples traités dans une matière dense. Vers 1930, Dufresne se libère des entraves académiques et s’épanche dans un lyrisme éclatant. Il se renouvelle entièrement pour aborder des compositions aux multiples figurants et devient plus fauve, rompant les couleurs, exaltant les tons par une lumière irréelle, dans un espace élargi et construit, où sa recherche du mouvement rejoint son admiration pour les peintres baroques. Il devient le peintre baroque français par excellence avec son sens de l’éloquence, du lyrisme et de l’instinct du décor qui font de lui le Delacroix des temps modernes. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées en France et à l’étranger dont le Centre Pompidou, le Musée d’Art Moderne de Paris, le Musée Calvet d’Avignon, le Musée des Beaux-Arts de Dijon, le Musée Fabre de Montpellier, la Tate Gallery, la National Gallery of Art de Washington et le Art institut de Chicago. ### Edmond Ceria (1884-1955) Dès son enfance, Edmond Ceria montre une prédisposition pour la musique, le dessin et la peinture. Après des études au collège d’Évian, il entre à l’École des Beaux-Arts de Genève. Déçu par l’enseignement, il gagne Paris en 1904, entre à l’Académie Julian et fréquente le musée du Louvre où il y découvre l’œuvre de Paul Cézanne qui le bouleverse. Il devient disciple de cette nouvelle vision du monde, où la sensibilité et l’amour de la nature remplacent le genre et l’anecdote. Selon René Barotte, « ses pages incisives font penser à Guardi ou à Canaletto. Son style se libère peu à peu d’une certaine rigueur dans l’exécution. La touche devient signe, presque idéogramme, et le petit tableau apparait écrit comme un poème d’amour. » Il commence sa carrière en exposant au Salon des Indépendants en 1908, puis au Salon des Tuileries et au Salon d’Automne dont il est sociétaire. En 1919, il effectue un séjour d’un an en Toscane qui lui fait prendre conscience, à l’instar de Corot, de l’importance de la lumière en peinture. Pendant ce séjour, il copie les grands maîtres italiens dont Giotto, Uccello, Masaccio. De retour en France, Ceria découvre la lumière de la Provence, peignant principalement à Marseille et Sanary. À Paris, il s’installe dans un atelier près de l’Observatoire et descend fréquemment sur les quais pour peindre la Seine, les ponts, la Concorde, les Tuileries et le Luxembourg. En 1934, il cesse ses voyages en Provence pour découvrir la Bretagne où il passera de nombreuses années. Indifférent aux modes et indéfectiblement attaché à la nature qu’il stylise, il poursuit une œuvre de paysagiste dont les touches légères soulignent les accidents ou les reflets. Lorsque le climat lui impose la peinture en atelier, il consacre son talent aux natures mortes, qui témoignent de son amour de la vie, comme ses paysages reflètent son goût pour la nature. Ceria participe, avec ses amis Charles Dufresne, Othon Friesz et Henry de Waroquier, à la première exposition des Maîtres de l’art indépendant au Petit Palais en 1937. Toujours aux côtés de Dufresne, à qui il confie l’éducation artistique de son fils Jacques Despierre, il décore le petit foyer du théâtre de Chaillot avec Le Théâtre antique. L’année suivante, il obtient la consécration aux États-Unis en gagnant le prix Carnegie. Nommé peintre de la Marine en 1945, alors libéré des contingences matérielles, il poursuit son œuvre en exprimant son émotion jusqu’à sa mort dix ans plus tard. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées dont le Centre Pompidou, le Musée d’art moderne de Paris, le Musée des Années 30, le Musée Carnavalet et le Musée des Beaux-Arts de Lyon. ### Henri Lebasque (1865-1937) Henri Lebasque (1865-1937) est un peintre post-impressionniste français surnommé le « peintre de la joie et de la lumière ». Ami de Bonnard et Vuillard, il peint des scènes intimes, des jardins et des baigneuses baignés de lumière méditerranéenne après son installation sur la Côte d'Azur en 1924. Henri Lebasque commence ses études à l'école régionale des Beaux-Arts d'Angers avant de s'installer à Paris où il s'inscrit à l'Académie Colarossi en 1886. Il collabore pendant six ans avec Ferdinand Humbert aux fresques du Panthéon à Paris, expose au salon de la Société des artistes français, au Salon des indépendants, et se lie avec Maximilien Luce et Paul Signac. Il rencontre des impressionnistes, notamment Camille Pissarro à qui il rend régulièrement visite jusqu'à sa mort en 1903, et qui aura une grande influence sur lui. Lebasque réalise des décors pour les théâtres et différents lieux parisiens. En 1917 il fait partie des Peintres aux Armées avec Félix Vallotton. Sa santé fragile ne lui permet pas de combattre au front lors de la grande guerre, mais il s'y rend tout de même, et en restitue la désolation dans quelques œuvres. Cette expérience douloureuse est de courte durée mais marque durablement son travail. Il utilise maintenant une manière plus libre et souple, parvenant à inclure les modèles et les motifs qui lui sont chers dans des paysages pleins d'harmonie et de poésie. Henri Lebasque est nommé officier de la Légion d'honneur en 1925 et, après la dissolution de la galerie Georges Petit en 1927, n'accepte plus de contrat avec aucun marchand d'art. Il meurt le 7 août 1937 au Cannet. Ses œuvres sont conservées aux musées de Lyon, Caen, Agen, Montpellier, Roubaix ainsi qu’à la Fondation Bemberg, au Musée d’Orsay, au Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid, à Houston et au Rijksmuseum notamment. Contexte : Lebasque se situe à la croisée du post-impressionnisme et du fauvisme modéré. Son oeuvre célèbre la vie quotidienne et la lumière du Midi avec une palette lumineuse et une touche libre. ### Georges Dayez (1907-1991) ### Francis Tailleux (1913-1981) Francis Tailleux, nait le 18 mars 1913 à Paris, commence à peindre à l'âge de neuf ans sous la direction d'un peintre australien. A treize ans, il est reçu au Salon de la Nationale en dissimulant son âge. Son talent est reconnu alors qu'il a 17 ans par Jacques Émile Blanche dont il réalise le portrait exposé au Salon d'Automne. Il étudie la peinture à l'Académie scandinave où il suit l’enseignement de Othon Friez, Henry de Waroquier et Charles Dufresne. Il fréquente le Royal College of Art à Londres entre 1932 et 1934. Ami de Georges Rohner, Francis Gruber et Pierre Tal Coat, il participe à l'expérience du groupe Forces Nouvelles, lancé par Humblot en 1933, et expose plusieurs fois avec ces artistes. En 1935, sa toile La Plage de Dieppe est acquise par l'Etat et rejoint les collections du Musée de Rouen. En 1937, il participe à l'exposition "Artistes de ce Temps" au Petit Palais. Cette même année, il expose également aux Leicester Galleries à Londres. Tailleux participe à l'exposition d'Art français de 1939 à New York. L'année suivante, il épouse une anglaise, Eileen Forbes, avant de fuir la capitale devant l'avancée de l'armée allemande et de se réfugier en zone libre, à Aix-en-Provence. Là, il s'installe en compagnie des peintres Pierre Tal Coat et Léo Marchutz dans le domaine de Château Noir où Paul Cézanne passa les dernières années de sa vie. En 1948, Francis Tailleux obtient le Prix National. Une exposition particulière lui est consacrée à la Galerie de France. Il meurt le 6 juillet 1981 à la suite d'un accident. Ses œuvres sont notamment conservées au Centre Pompidou, au Musée d’art moderne de Paris, au Musée de Dieppe, au Musée d’Athènes, au Baltimore Museum of Art et au Musée de Stockholm. ### André Masson (1896-1987) André Masson se forme très tôt à la peinture, étudiant à l'Académie royale de Bruxelles de 1907 à 1912, où il reçoit un premier prix de décoration. En 1912, il quitte la Belgique et s'inscrit aux Beaux-Arts de Paris jusqu'en avril 1914. Après un voyage en Toscane, il s'engage dans l’infanterie. Grièvement blessé à la poitrine et pendant un temps laissé pour mort dans un cratère de bombe, il séjourne dans divers hôpitaux jusqu'à l'Armistice. Depuis la guerre, il garde toute sa vie une répulsion pour le bellicisme et la traduit dans plusieurs de ses œuvres, dont Les Massacres, en 1934. Après le conflit, Masson se rend à Collioure, sur les pas de Henri Matisse et André Derain et enfin à Céret, se laissant influencer à la fois par Paul Cézanne et Vincent van Gogh. Il épouse Odette Cabalé et s'installe à Montmartre après la naissance de leur fille. Sa carrière commence véritablement en 1922. Alors que ses œuvres témoignent de son intérêt pour le cubisme, son contact avec Miró, avec qui il partage le même atelier, le fait évoluer vers une quête d’irrationnel. Il se lie à Kahnweiler chez qui il expose en février 1924, vendant toutes ses œuvres. Le poète et écrivain André Breton est déterminant dans sa carrière, témoignant un vif intérêt pour les théories sur l'inconscient élaborées par la psychanalyse. Il rejoint le groupe des surréalistes. En 1927, inspiré par le principe de l'écriture automatique développé par Breton, Masson crée ses premiers « dessins automatiques ». L'année 1929 est celle des ruptures : avec son épouse, avec son premier marchand, Kahnweiler, qu’il quitte pour Paul Rosenberg, avec Breton qu’il juge dogmatique. Il tisse alors une solide amitié avec Georges Bataille pour qui il illustre le Dossier de l'œil pinéal. L'anus solaire en 1931. Renouant avec Breton, il participe aux expositions des surréalistes à Londres (1936) et Paris (1938) mais, jusqu'en 1939, poursuit sa collaboration avec Bataille dans la revue Acéphale, dont il est l'unique illustrateur. Masson arrive aux États-Unis en mai 1941. Il s'installe d'abord à New York où il retrouve d'autres intellectuels et artistes européens. Son œuvre stimule les peintres de l'expressionnisme abstrait et de l'abstraction gestuelle comme Jackson Pollock. De retour en France en octobre 1945, Masson conçoit les décors d'Hamlet pour la Compagnie Renaud-Barrault et de La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre. En 1950, il publie Le plaisir de peindre. Sa manière s'adoucit considérablement, au point qu'il manifeste son intérêt pour l'impressionnisme. En 1954, Masson reçoit le Grand Prix national des arts et, en 1965, André Malraux lui confie la décoration du plafond du théâtre de l'Odéon. Différentes rétrospectives lui sont consacrées : en 1964 à Berlin, en 1965 à Amsterdam et à Paris, en 1976 au Museum of Modern Art de New York puis une autre l'année suivante au Grand Palais à Paris. Plus de 90 œuvres de l'artiste sont conservées au Centre Pompidou, mais également au Museum of Modern Art de New York, ainsi qu'à la Tate Gallery, et au Musée d'Art Moderne de Paris notamment. ### Marcel Gromaire (1892-1971) Né dans le Nord en 1892, Marcel Gromaire commence sa scolarité à Douai et la poursuit à Paris. Il abandonne vite sa carrière juridique et commence en 1910 à fréquenter quelques ateliers de Montparnasse. Il effectue son service militaire à Lille et passera six ans à l’armée, participant à la Première Guerre mondiale durant laquelle il sera blessé. Gromaire rencontre Maurice Girardin qui, pendant dix années, lui achètera par contrat l'ensemble de sa production. Il s'installe Villa Seurat en 1925 et poursuit la rédaction de ses notes personnelles qu'il tiendra jusqu'à la fin de sa vie. Il expose alors La Guerre au Salon des indépendants. Comme Rouault ou Dufy, Gromaire travaille à l'écart des groupes et des courants. Ami de Matisse et de Léger dans sa jeunesse, il n'est cependant “l'élève de personne”. Il crée son propre style, qu'on ne peut confondre avec aucun autre, alliant un puissant souffle lyrique avec le goût d'une construction géométrisante. Marcel Gromaire invente ainsi un réalisme qui s'affranchit des règles et reflète un peu l'inspiration des primitifs romans ou gothiques. Il est reconnu très tôt par les galeries et les musées : Pierre Matisse l'expose à l'inauguration de sa galerie new- yorkaise en 1931 et, de 1947 à 1956, il est exposé à la Galerie Louis Carré. Il réside à Aubusson de 1939 à 1944 et participe au mouvement du renouveau de la tapisserie aux côtés de Jean Lurçat. En 1950, Gromaire est nommé professeur à l'École nationale supérieure des arts décoratifs qu'il quittera en 1962 au profit de Jacques Despierre. Nommé commandeur de la Légion d’honneur en 1954, il reçoit le prix Guggenheim national en 1956, le Grand Prix national des arts en 1958 puis le prix Carnegie en 1962. En 1933, sa rétrospective à la Kunsthalle Basel est une première consécration. En 1963 une nouvelle rétrospective lui est consacré au musée national d'art moderne puis en 1980, au Musée d'Art Moderne de Paris. Le docteur Girardin lègue sa collection de 500 œuvres, parmi lesquelles d’importantes toiles de l’artiste, au Musée d'Art Moderne de Paris. Cette collection est actuellement exposée dans le cadre d’un Hommage à Maurice Girardin : collectionneur, galeriste et mécène. Le rayonnement intellectuel de Gromaire en fait le porte-parole de l'art indépendant durant les années 1920 à 1950. La solidité de cette œuvre la place au- dessus des modes et des époques. Elle est présente dans de nombreux musées parmi lesquels le Musée d’Art Moderne de Paris, le Centre Pompidou, La Piscine de Roubaix, le musée de Quimper, le musée d’art Roger-Quilliot à Clermont-Ferrand et le musée des Beaux-arts de Rennes. Un importante rétrospective lui a été consacrée en 2020 à Honfleur, à Sète et à Roubaix. ### René Gruau (1909-2004) René Gruau naît en 1909 à Rimini d’un père italien et d’une mère française, qui lui donne son nom d’artiste. Alors que ses parents se séparent, il est contraint de travailler pour gagner sa vie. Il renonce à devenir architecte et commence en 1924 sa carrière d’illustrateur de mode. Autodidacte, il aborde le dessin de mode à l’âge de 15 ans, auquel il se consacrera pendant plusieurs années : aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un crayon entre les doigts ; dessiner était une véritable manie, c’était en outre la seule chose que je savais faire ; je me suis donc essayé à des illustrations de récit, de couverture de roman, ai pris mon courage à deux mains, et je suis allé les montrer à la rédaction des revues et magazines que je connaissais. Gruau s’installe à Paris en 1928 et commence à travailler pour des magazines comme Le Figaro ou la revue de chapeaux Marianne. À cette époque, il fait la connaissance du jeune Christian Dior, avec lequel il se lie d’amitié. Les collaborations avec les magazines féminins se multiplient : Gruau illustre notamment Vogue, Fémina, Marie-Claire, Silhouettes et L’Officiel de la couture. Il y dessine entre autres les modèles de Balenciaga, Fath, Piguet, Givenchy, Molyneux et Rochas. René Gruau se livre durant plusieurs années au dessin de mode, stimulé notamment par les créations de ses deux amis Christian Dior et Jacques Fath. En 1947, il s'oriente vers la publicité et réalise à cette époque l’un de ses premiers dessins publicitaires pour le parfum Miss Dior. Dix autres créations de parfumerie suivront, parmi lesquelles Diorama, Diorissimo et Eau Sauvage. Christian Dior donne carte blanche à Gruau, lui laissant la plus grande liberté artistique dans ses créations publicitaires : l’artiste s’y épanouit pleinement. Il se consacre ainsi de plus en plus à la publicité au fur et à mesure que les magazines de mode feront la part belle à la photographie. Il crée de nombreuses campagnes dans les domaines de la parfumerie, de la mode ou de la cosmétique, réinventant sans cesse l’élégance à la française. Pour y parvenir, Gruau explique : je fais parfois 30 esquisses avant d’arriver au dessin définitif ; d’abord des esquisses de fantaisie, puis des esquisses de cadrage, ensuite, je prends un modèle et commence à faire des esquisses d’après le modèle... Enfin, c’est un travail très complexe. À ce sujet, Fabienne Falluel explique : son travail commence par des "esquisses primaires", recherches destinées à fixer l’idée force. Elle est qualifiée par René Gruau de "sommaire". Il jette ainsi une dizaine d’esquisses, soit au crayon 6B, mine la plus tendre qui permet une grande souplesse, donc une rapidité accrue, soit au fusain qu’il peut ensuite effacer avec le doigt ou reprendre. À ce stade, les deux techniques, crayon ou fusain, sont utilisées à part égale. Vient ensuite "l’esquisse d’après nature" : la présence d’un modèle permet de concrétiser le mouvement, la forme, et de visualiser l’idée de base. Ce moment est selon René Gruau "d’une tension intense" et nécessite un grand effort physique qui entraîne une mise au repos. Ce sont le plus souvent des esquisses en noir et blanc. Après la vérité du dessin, René Gruau révèle : "Je fais la fantaisie". Sur un papier à dessin, parfois un canson, le plus souvent blanc, il commence la réalisation à l’encre de Chine, à la gouache ou à l'aquarelle. L’étape finale n’intervient qu’après cette longue quête et voit le jour sur un papier canson fort ou un carton pour devenir "le dessin", que nous restitue l’imprimé. En 1949, René Gruau crée une première affiche pour Rouge Baiser, rouge à lèvres mis au point par Paul Baudecroux en 1927. Par la suite, il décline le thème et réalise plusieurs publicités. Il évoque toujours dans ses dessins une femme raffinée, à la fois élégante et sensuelle : Le sens de l’élégance est fait, on le sait, pour se perdre, dit Patrick Mauriès,et les images de Gruau témoignent toujours, sous une de leurs faces, d’un monde perdu – ce monde qui leur convient si parfaitement qu’elles en portent, aurait on dit au Moyen Âge, la "signature". Les dessins publicitaires pour Rouge Baiser marquent les mémoires pour devenir iconiques. Gruau signe aussi plusieurs affiches publicitaires pour les parfums et cosmétiques Balmain, Jacques Griffe, Lucien Lelong, Jacques Fath, Elizabeth Arden, Payot, Peggy Sage ou encore Givenchy. Pendant plusieurs saisons, l'artiste est chargé d’incarner les campagnes des mythiques cabarets parisiens que sont le Lido et le Moulin Rouge. En 1961, il dessine également les costumes et les décors d’un opéra-bouffe, La Belle de Paris, monté à l’Opéra-Comique. Le dessin de Gruau est parfaitement inscrit dans son époque, qui fait du corps une épure. Acteur de son temps, il a marqué plusieurs générations par son travail à la fois moderne et indémodable. Les œuvres présentées par la galerie sont les témoins de l'élégance inimitable du trait de René Gruau. ### Louis Valtat (1869-1952) Louis Valtat (1869-1952) est un peintre français considéré comme un précurseur du fauvisme. Ses toiles aux couleurs vives et à la touche libre annoncent les audaces chromatiques de Matisse et Derain. Il expose au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne. Né à Dieppe le 8 août 1869, Louis Valtat étudie à l’École des Beaux Arts, tout en complètant sa formation à l’Académie Julian où il se lie d’amitié avec Albert André et Pierre Bonnard. Lauréat en 1890 du prix Jauvin d’Attainville, il installe son atelier rue de La Glacière à Paris. Il participe au Salon des Artistes Indépendants de 1893 puis au Salon des Cent. Atteint de phtisie, il part pour des séjours de soins à Banyuls où George-Daniel de Monfreid lui présente Aristide Maillol. En 1895, poursuivant sa convalescence à Arcachon, Louis Valtat réalise de nombreuses peintures aux tons vifs qui, exposées au Salon des Indépendants de 1896, sont remarquées par Félix Fénéon. Celui-ci en fait mention dans la Revue Blanche ; ces peintures annoncent Le Fauvisme qui fera scandale au Salon d’Automne de 1905. Il figure avec vingt toiles à l’exposition de groupe organisée par Paul Signac à la Galerie Durand Ruel, en mars 1899. Ambroise Vollard passe un accord avec Valtat dont il acquiert pratiquement la totalité de la production durant plus de dix ans. Le collectionneur russe Ivan Morossov achète plusieurs toiles. Valtat se lie d’amitié avec Signac et Renoir à qui il rend régulièrement visite dans le sud. Louis Valtat est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 1927 et présente six peintures à l’exposition Le Fauvisme en 1951 au Musée d’Art Moderne de Paris. Après l’exode de 1940 et les années d’occupations, Louis Valtat atteint d’un glaucome ne quitte plus son atelier de l’avenue de Wagram où il réalise ses dernières toiles. Son œuvre est conservé aux musées de Bordeaux, Besançon, Toulon, Cahors, Nancy, Nice, Roubaix, à la Fondation Bemberg, au Musée d’Art Moderne de Paris, au musée d’Orsay ainsi qu’à Genève, Moscou, Saint-Pétersbourg et Palm Beach en Floride. ### Pierre Laprade (1875-1931) Né à Narbonne en 1875, Pierre Laprade fréquente l'atelier d'Antoine Bourdelle dès 1896. Bien que voué à la magistrature, le sculpteur l'encourage dans la voie artistique. Laprade entre aux Beaux-Arts de Paris qu’il abandonne rapidement pour l’académie Carrière. En réalité, Laprade se forme seul, surtout au Louvre où il admire Poussin, Le Lorrain, Delacroix et Manet. En 1900, Ambroise Vollard lui achète sa première œuvre. La même année, il rencontre Henri Matisse et les futurs Fauves auprès desquels il exposera en 1905 au Salon d’Automne dont il est membre fondateur. Il participe au Salon des Indépendants de 1901 et fait l'objet d'une exposition personnelle chez Ambroise Vollard. Touché par les impressionnistes, il tient d’eux son atmosphère vaporeuse, aux formes diluées dans une lumière douce, souvent travaillées en pleine pâte, à laquelle il restera fidèle toute sa vie. Ses tons assourdis, ses gris et ses bleus raffinés, ses roses fanés qui s’harmonisent avec délicatesse dans ses paysages, ses natures mortes et ses figures de femmes et de fleurs, lui donnent une place à part dans la peinture, à l’écart des préoccupations des fauves, des cubistes et des abstraits. En 1906, Laprade voyage en Italie et en Hollande, et expose collectivement chez Berthe Weill à Paris, puis à l'Armory Show à New-York et à Chicago en 1913. Membre fondateur du Salon des Tuileries, il y participe jusqu'en 1930. En 1923 et 1925, Laprade exécute une série d'eaux-fortes pour Vollard, qui serviront à illustrer Les Fêtes galantes de Paul Verlaine, puis peint la série des Églises et des Cathédrales. En 1926, il participe à l'exposition de la Jeune peinture contemporaine à la Galerie Bernheim-Jeune et à la Galerie Katia Granoff. Jusqu'en 1930, il illustre des œuvres littéraires comme Vers et Prose de Paul Valéry ou Un amour de Swann de Marcel Proust. Ses œuvres sont conservées dans les collections publiques dont le Musée du Louvre, le Centre Pompidou, le Petit-Palais, le Musée de Cognac, le Musée d’Orsay, le Musée d’Art Moderne de Troyes et le Musée des Beaux-Arts de Lyon Contexte : Laprade développe un intimisme pictural raffiné, entre tradition classique et modernité douce. Ses toiles sont présentes dans les collections du musée d'Orsay et du musée d'Art moderne de Paris. ### Jean Bertholle (1909-1996) Né à Dijon en 1909, Jean Bertholle commence à peindre en 1924 et entre aux Beaux- Arts de Saint-Etienne en 1928. L’exposition sur Manet à l’Orangerie en 1932 le laisse stupéfait. Il fréquente les Beaux-Arts de Lyon et produit quelques toiles « imitatives et académiques » qu’il détruira par la suite. En 1933, il poursuit son enseignement aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Paul Albert Laurens où il rencontre Roger Bissière, Jean Le Moal et Alfred Manessier. Il participe à la fondation du groupe Témoignage réunissant peintres, sculpteurs, écrivains et musiciens. Pendant cette période, Bertholle est fasciné par le Symbolisme, l'ironie de Bruegel et l'étrangeté de Bosch En 1941, sa peinture change d'orientation. Attentif au travail des Primitifs, Bertholle en revient à un « figuratif très minutieux ». Il participe à l'exposition Vingt jeunes peintres de tradition française, première manifestation de la peinture d'avant-garde sous l’Occupation. Devenu, par contrainte financière, directeur artistique de la faïencerie de Gien en 1943, il souffre de ne plus se consacrer suffisamment à la peinture. Il participe cependant en 1944 à une exposition collective à la Galerie de France avec Bissière, Le Moal, Manessier, Singier et Étienne-Martin, ainsi qu’au premier Salon de mai dont il est membre fondateur. Dans les années 1950, Bertholle expose à la Galerie Jeanne Bucher puis obtient un contrat chez Roque en 1957 lui permettant d’abandonner ses fonctions à la faïencerie de Gien et de se consacrer entièrement à la peinture. Il s'oriente lentement vers une peinture non figurative, voulant « gommer les références et s'éloigner de l'objet pour aller vers l'essentiel.» Bertholle est sélectionné en 1949 et en 1960 pour la Biennale de Venise, ainsi que pour la Biennale de São Paulo et participe en 1959 à l'exposition de l'Institut Carnegie de Pittsburgh. Les premières expositions rétrospectives de son œuvre sont présentées en 1964 à Metz, au Luxembourg et à Caen. De 1965 à 1980, Bertholle enseigne comme professeur-chef d'atelier d'art mural aux Beaux-Arts de Paris. De nouvelles rétrospectives ont lieu en 1972 à Dijon puis à Besançon et Saint-Germain- en-Laye. À la fin des années 1960, alors que Bertholle est reconnu aux côtés de ses pairs comme l'un des artistes majeurs de la nouvelle École de Paris, il est l'un des premiers à renoncer à la vision non figurative. « Les formes non-figuratives ne me contentaient plus. Un jour, le processus s'est déclenché : le figuré a de nouveau percé sous la matière » dira-t-il. Après une nouvelle rétrospective aux Beaux-Arts de Paris, il est élu membre de l'Institut de France en 1983. Il y donnera un discours de réception remarqué, dans lequel il exprimera son incompréhension de l'art conceptuel, qui souvent se réduit à de simples installations, devant lesquelles « un public de snobs fait mine de s'émerveiller ». Passionné d'enseignement, il fonde la même année sa propre académie de peinture. Après sa mort en 1996, une première rétrospective est présentée à La Ciotat en 1997, puis une seconde à Dijon en 2011. Ses œuvres sont conservées au Musée des Beaux-Arts et au Musée d’Art Sacré de Dijon, au Centre Pompidou, au Musée des Beaux-Arts de Caen, au Musée Greuze de Tournus et au Musée d’Unterlinden de Colmar. Contexte : L'art de Bertholle est profondément emprunt de spiritualité. Son parcours reflête son authentique quête : reconnu aux côtés de ses pairs comme l'un des artistes majeurs de la nouvelle École de Paris, il est l'un des premiers à renoncer à la vision non figurative à la fin des années 1960. ## Œuvres (76) ### Le Port de Saint Guénolé Artiste : Edmond Ceria (1884-1955) Technique : Huile sur toile Dimensions : 33 x 55,5 cm Provenance : Collection privée ### Portrait de Laure de Monfreid, 1969 Artiste : Pierre Brochet (1922-2016) Technique : Héliogravure Dimensions : Image : 23 x 17 cm ; Feuille : 40 x 30 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Composition, 1959 Technique : Huile sur toile Dimensions : 73 x 116 cm Provenance : Collection privée ### Neuf chevaux, 1974 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Huile sur toile Dimensions : 65 x 80 cm ### Écluse à Rolleboise, 1958 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Huile sur toile Dimensions : 35 x 27 cm ### Toutmosis III Artiste : Pierre Brochet (1922-2016) Technique : Héliogravure Dimensions : Image : 16,5 x 11 cm ; Feuille : 38 x 29 cm Provenance : atelier de l'artiste ### Chevaux Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 51,5 x 35 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Les Cerises jaunes, vers 1970 Artiste : Georges Rohner (1913-2000) Technique : Huile sur toile Dimensions : 63.5 x 74.3 cm Provenance : ancienne collection privée, États-Unis ### Profil Artiste : René Gruau (1909-2004) Technique : Encre sur papier Dimensions : 32 x 22 cm Provenance : Succession René Gruau ### Voilier, 1951 Artiste : Georges Dayez (1907-1991) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 50 x 66 cm ### Foule Parisienne Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Huile sur toile Dimensions : 82 x 53 cm ### Sensualité Artiste : René Gruau (1909-2004) Technique : Feutre sur papier Dimensions : 56,5 x 41,5 cm Provenance : Succession René Gruau ### Nu assis, 1957 Artiste : Marcel Gromaire (1892-1971) Technique : Encre sur papier Dimensions : 26 x 33 cm Provenance : Ancienne collection Paule Cailac, Paris ### Chasse à courre Technique : Huile sur panneau Dimensions : 18 x 22,5 cm Provenance : Galerie La Cymaise ### Cavalier Arabe, 2020 Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur toile Dimensions : 24 x 32 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Cavalier et Jarre Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 35 x 51,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Chevaux Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 46 x 30,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Jockeys évolution Technique : Huile sur papier Dimensions : 35,5 x 46,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Jockeys Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 35,5 x 46 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Les colombes Artiste : Francis Tailleux (1913-1981) Technique : Encre sur papier Dimensions : 29 x 28 cm ### Lièvre et faisan, 1947 Artiste : Georges Rohner (1913-2000) Technique : Huile sur toile Dimensions : 115 x 88 cm Provenance : Collection privée ### Rendez-vous des veneurs, 1982 Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur carton Dimensions : 35 x 50 cm ### Sidi Bou Said Artiste : Pierre Brochet (1922-2016) Technique : Héliogravure Dimensions : Image : 29 x 23 cm ; Feuille : 65,5 x 50,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ; Bibliographie : Pierre Brochet, musée Nicéphore Niépce, 1981 ### Nature morte au buste Artiste : Pierre Laprade (1875-1931) Technique : Huile sur toile Dimensions : 65 x 46 cm ### Femme assise Artiste : René Gruau (1909-2004) Technique : Crayon sur papier Dimensions : 45 x 32 cm Provenance : Succession René Gruau ### Picador, 1982 Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur carton Dimensions : 35 x 50 cm ### Les Bords de Loire à Blois Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Aquarelle et encre sur papier Dimensions : 50 x 65 cm Provenance : expo. Les Peintres officiels de la Marine, 2016 ### Le pain et le vin, 1982 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Aquarelle et encre sur papier Dimensions : 25 x 25 cm ### Voltige, 1982 Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur carton Dimensions : 35 x 50 cm ### Église d’Osny, près Pontoise, 1885 Artiste : Camille Pissarro (1830-1903) Technique : Eau-forte, aquatinte et pointe sèche numérotée 48/50 Dimensions : 12 x 16 cm Provenance : Collection particulière, Paris ### Baigneuse mettant ses bas, 1893 Artiste : Camille Pissarro (1830-1903) Technique : Gravure à l’eau-forte numérotée 109 Dimensions : 8 x 11,4 cm Provenance : Collection privée, France ### Monastère à Patmos, vers 1975 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Aquarelle Dimensions : 32 x 49 cm Provenance : Collection privée ### Crevettes et miche de pain Artiste : Edmond Ceria (1884-1955) Technique : Huile sur toile Dimensions : 39 x 60 cm Provenance : collection particulière ### Chevaux aux écuries Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 16 x 26 cm Provenance : Galerie La Cymaise, Paris Collection particulière Galerie Louis Barrand, Paris ### Santorin, Grèce, 1976 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Aquarelle et fusain sur papier Dimensions : 32,5 x 25 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Dans l'embrasure Artiste : René Gruau (1909-2004) Technique : Encre et aquarelle sur papier Dimensions : 61 x 50 cm Provenance : Succession René Gruau ### Chaumière, circa 1881 Artiste : Camille Pissarro (1830-1903) Technique : Fusain sur papier avec rehauts de couleurs de la main de l'artiste Dimensions : 29 x 22 cm Provenance : Exposition : Ohana Gallery, London, n° 1628 Provenance : - Collection Bonin, France - Vente, Me Lair Dubreuil, 26 juin 1931, lot n°64 - Vente, Motte, 29 rue du Rhône, Genève n° 40 Certificat d’authenticité établi par Joachim Pissarro ### Le pont du Quai d'Orsay, 1937 Artiste : Henri Lebasque (1865-1937) Technique : Encre sur papier Dimensions : 35 x 28 cm Provenance : Jean-Gabriel Daragnès ### Verre et draperies, vers 1970 Artiste : Georges Rohner (1913-2000) Technique : Huile sur toile Dimensions : 38 x 61 cm Provenance : Collection privée ### Bol et draperie Artiste : Georges Rohner (1913-2000) Technique : mine de plomb sur papier Dimensions : 31 x 52 cm Provenance : Collection privée ### Portrait de Balzac, vers 1945 Artiste : André Masson (1896-1987) Technique : Encre sur papier Dimensions : 14 x 16 cm Provenance : famille de l’artiste ### Pin en Bretagne Artiste : Isabelle Hennessy (née en 1958) Technique : Lavis et fusain sur papier Dimensions : 29,5 x 21 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Dinard Artiste : Isabelle Hennessy (née en 1958) Technique : Lavis et fusain sur papier Dimensions : 38 x 35,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Figures et cavaliers, 1987 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 50 x 62 cm Provenance : Collection privée ### Au cirque, vers 1918-19 Artiste : Charles Dufresne (1876-1938) Technique : Huile sur papier Dimensions : 33 x 43 cm Provenance : - Whitford Fine Art, Londres - collection privée, Londres ### Baigneurs, vers 1970 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Lavis sur carton Dimensions : 22,5 x 35,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### À la Gadeloupe, vers 1920 Artiste : Charles Dufresne (1876-1938) Technique : Huile sur papier Dimensions : 30 x 40 cm Provenance : Ancienne collection privée, États-Unis ### Cavalier Arabe Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 35,5 x 46,5 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Cavaliers arabes Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : crayon sur papier Dimensions : 22 x 32 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Chasse à courre Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 15,4 x 26 cm Provenance : - Galerie La Cymaise - collection privée - Galerie Louis Barrand ### Cheval Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 35,5 x 46 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Cheval scellé Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 53 x 55 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Cheval scellé Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur papier Dimensions : 39,5 x 56 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Chevaux aux écuries Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 16 x 26 cm Provenance : - Galerie La Cymaise, Paris - Collection particulière - Galerie Louis Barrand ### Composition Artiste : Jacques Duthoo (1910-1960) Technique : Huile sur toile Dimensions : 55 x 73 cm Provenance : Collection privée ### Composition, 1968 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 11 x 24 cm Provenance : Collection privée ### Compotier, carafe et fruits sur un entablement, 1946 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Huile sur toile Dimensions : 80 x 65 cm Provenance : Vente Maître Claude Robert à Paris, N° 7153 ### Étude pour la couverture de la revue Acéphale, 1936 Artiste : André Masson (1896-1987) Technique : Encre sur papier Dimensions : 31,8 x 48 cm Provenance : Espace Brimaud ### Nu assis Artiste : Georges Rohner (1913-2000) Technique : mine de plomb Dimensions : 36 x 55 cm Provenance : Collection privée ### Suzanne Valtat, circa 1902 Artiste : Louis Valtat (1869-1952) Technique : Encre sur papier Dimensions : 34 x 45 cm Provenance : atelier de l’artiste ### Cavalier andalous, 2024 Artiste : Antoine de La Boulaye (né en 1951) Technique : Crayon sur papier Dimensions : 46 x 35 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Venise, vers 1959 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Aquarelle et fusain sur papier Dimensions : 20 x 18,5 cm ### Femme de profil, hommage à Aubrey Beardsley Artiste : René Gruau (1909-2004) Technique : Feutre sur papier Dimensions : 50 x 64 cm Provenance : Succession René Gruau ### Femme en marche Artiste : René Gruau (1909-2004) Technique : Crayon sur papier Dimensions : 44 x 28 cm Provenance : Succession René Gruau ### Feux de la Saint Jean, 1965 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 53 x 58 cm Provenance : Collection privée ### Nu debout, vers 1980 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Encre sur papier Dimensions : 29,5 x 20 cm Provenance : Atelier de l'artiste ### Apocalypse, 1978 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Huile sur toile Dimensions : 61 x 36 cm Provenance : Collection privée ; œuvre en rapport : Les Lettres de l'Apocalypse, 1978 (Musée Greuze, Tournus) ### Glacier de la Madonne (tryptique) Artiste : Isabelle Hennessy (née en 1958) Technique : Huile sur toile Dimensions : 62 x 68 cm ### Intérieur et cavaliers, 1983 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Aquarelle et encre sur papier Dimensions : 37 x 27,5 cm ### Jardinier des Yvelines, vers 1955-60 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Huile sur toile Dimensions : 73 x 92 cm Provenance : Collection privée ### La Conciergerie, 1989 Artiste : Pierre Brochet (1922-2016) Technique : Héliogravure Dimensions : Image : 15,5 x 20 cm ; Feuille : 38,5 x 29,5 cm Provenance : Atelier de Pierre Brochet ; Œuvre en rapport : une variante de cette photographie est conservé au musée Carnavalet à Paris ### La Place de la Concorde Artiste : Edmond Ceria (1884-1955) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 27 x 35 cm Provenance : Collection privée ### Le Pont Neuf Artiste : Edmond Ceria (1884-1955) Technique : Huile sur panneau Dimensions : 37 x 43,5 cm Provenance : Collection privée ### Paysage provençal Artiste : Georges Rohner (1913-2000) Technique : mine de plomb Dimensions : 38 x 56,8 cm Provenance : Collection privée ### Composition, 1963 Artiste : Jean Bertholle (1909-1996) Technique : Huile sur toile Dimensions : 54 x 73 cm Provenance : Collection privée ### Citrons et verres, vers 1980 Artiste : Jacques Despierre (1912-1995) Technique : Aquarelle et encre sur papier Dimensions : 49 x 49 cm ## Expositions (11) ### Foire de Chatou Dates : Du 13 mars 2026 au 22 mars 2026 Statut : passée La Galerie Louis Barrand participe à la Foire de Chatou, rendez-vous incontournable des amateurs d'art et d'antiquités. Une sélection d'œuvres de la galerie est présentée sur le stand. ### Antoine de La Boulaye — Chevaux & Cavaliers Dates : Du 09 octobre 2024 au 25 octobre 2024 Statut : passée Pensée comme une rétrospective, cette exposition couvre près de quarante années de création. Elle met à l’honneur le thème du cheval dont l’artiste s’est fait une spécialité depuis ses débuts. Tantôt classique dans la représentation des chasses à courre, tantôt moderne traitant les courses en suivant les exemples de Degas et Lautrec : La Boulaye est reconnu comme un virtuose de l’art animalier. L'artiste ressent ensuite le besoin de s’éloigner du sujet en abordant avec succès l’abstraction et consacre alors son œuvre à des formes épurées qu’il organise sur des surfaces claires, en équilibre avec le vide (expositions Musée de Béziers, 1991; Bordeaux, 1994 et Nantes, 1997). Selon le critique Hervé Legros, les recherches du peintre s’orientent vers des images plus énigmatiques, comme s’il s’agissait pour La Boulaye de désapprendre toujours davantage ce qui pourrait le fixer dans une manière. Afin d’illustrer cette période de bouleversement dans son travail, et pour montrer l’évolution du peintre, la galerie présente un ensemble de cinq tableaux abstraits des années 1990. Libéré de toute contrainte académique, le peintre retourne petit à petit à la figuration, traitant de nouveau le portrait et le cheval avec brio. Depuis une vingtaine d’années, La Boulaye imagine des mises en scène vives et colorées représentant des cavaliers en mouvement sur lesquels il opère une focalisation optique. Artiste accompli, Antoine de La Boulaye poursuit son œuvre dans son atelier de Vendée. ### FAB Paris 2023 Dates : Du 22 novembre 2023 au 26 novembre 2023 Statut : passée À l'occasion de l'édition de FAB Paris (Fine Arts - La Biennale) 2023, la Galerie Louis Barrand a été invitée à présenter une œuvre sur le stand des Cinq Jeunes Talents. La thématique animalière ayant été retenue, c'est tout naturellement une toile de chevaux de Jacques Despierre qui a été présentée aux visiteurs du Grand Palais Éphémère. ### Pierre Brochet — Photographe et graveur Dates : Du 17 novembre 2022 au 27 novembre 2022 Statut : passée Pour la première fois depuis quarante ans et à l’occasion du centenaire de sa naissance, un hommage sera rendu, à travers une quarantaine d'estampes, au génie de la gravure qu’est Pierre Pierre Brochet (1922-2016). La galerie présentera ses œuvres mais également celles de photographes majeurs tels que Charles Nègre, Eugène Atget, Sebastiao Salgado, Sabine Weiss, Jean Dieuzaide, René-Jacques. ### René Gruau — Dessinateur Dates : Du 11 octobre 2023 au 03 novembre 2023 Statut : passée La galerie présente un ensemble de dessins et illustrations de René Gruau (1909-2004), maître du dessin de mode. Ses lignes élégantes et ses aplats de couleur ont marqué l'histoire de l'illustration au XXe siècle, de Dior à Givenchy. Le dessin de Gruau est parfaitement inscrit dans son époque, qui fait du corps une épure. Acteur de son temps, il a marqué plusieurs générations par son travail à la fois moderne et indémodable. Les œuvres présentées par la galerie sont les témoins de l'élégance inimitable du trait de René Gruau. **Préface par Alain Weill** Pour toute une génération, Gruau fut l’incarnation d’une mode parisienne alors à son apogée. Paradoxalement, il est en passe de devenir indémodable ; à l’instar d’Alphonse Mucha, tout comme lui dessinateur émérite, qui produisit des quantités de publicités et de panneaux décoratifs : près d’un siècle et demi après, les collectionneurs continuent à se les arracher. Le trait de pinceau de Gruau, jeté sur la feuille de papier, devint rapidement ce que le monde de la couture appelle une griffe. Très tôt, Joëlle Charriau, galeriste pionnière de l’illustration de presse et du dessin de mode, s’intéressa à lui : elle l’exposa régulièrement pendant des années. Très logiquement aussi, Franco Maria Ricci, l’éditeur dandy, lui consacra en 1984 un ouvrage de référence notamment pour le texte de Patrick Mauriès. Plus tard, retiré à Cannes, il confia ses intérêts à Sylvie Nissen – les choses se compliquèrent. Travailleur acharné pendant plus de 60 ans, il a laissé une œuvre considérable qui a été dans sa grande majorité conservée. Elle est aujourd’hui dispersée, que ce soit par les ventes privées ou publiques. C’est le grand mérite de Louis Barrand et Anatole Desachy, par un travail de sélection rigoureux, de montrer les divers aspects de l’œuvre de l’artiste : du dessin préparatoire au tirage imprimé, aussi bien pour la publicité que pour les panneaux décoratifs. Dans cette première exposition, ils révèlent la richesse d’un talent qui se décline en restant fidèle à un processus créatif où s’épanouit son trait, sa ligne fulgurante et toujours reconnaissable. La soixantaine d’œuvres présentées sont inédites, peu connues ou au contraire de grands classiques - mais toujours iconiques. ### Nature morte — France XXe Dates : Du 13 mars 2024 au 29 mars 2024 Statut : passée Un parcours à travers la nature morte française du XXe siècle. De Laprade à Guerrier, les artistes réunis ici témoignent de la richesse et de la diversité d'un genre qui n'a cessé de se réinventer au fil du siècle. **Revoir la nature morte** Préface de Lydia Harambourg Relayée au rang de peinture de genre selon une hiérarchie établie par l’Académie royale de peinture dès sa création en 1648, la nature morte, avec le paysage, ont longtemps été exclus d’une reconnaissance suivant une tradition qui classait les peintres selon les sujets qu’ils traitaient. Ce règlement reposait sur l’idée simple et unanimement acceptée que la représentation de l’homme méritait avant tout l’attention du peintre dont la qualité majeure était l’imagination. Jusqu’au XIXe siècle, la nature morte subira la censure des « Grands Genres » qui retiennent toute l’attention du public lors du Salon annuel qui se tient dans le Salon carré au Louvre. À contrario, faut-il rappeler la place occupée par la nature morte dans les écoles flamande et hollandaise où elle est perçue tout autrement. Expression d’une société corporative, elle est un enjeu autant pictural que symbolique au sein des confréries de notables et du monde rural. A l’inverse, les objets dans l’école de peinture française sont relégués au rang d’accessoires indignes d’être reconnus comme un sujet noble. Et Chardin, quelle place le maître de la nature morte occupe-t-il dans une hiérarchie approuvée par Diderot ? L’encyclopédiste écrit dans son Salon de 1767 : « Je n’ignore pas que les modèles de Chardin, ces natures inanimées qu’il imite, ne changent ni de place, ni de couleurs, ni de formes... Le genre de peinture de Chardin est le plus facile ». C’est cependant Chardin qui redonne ses lettres de noblesse aux objets domestiques et à la nature morte. C’est ce que comprendront et feront à leur tour ses émules, de Cézanne à Matisse, de Braque à Morandi. Qu’est-ce qu’une nature morte ? Pour Charles Sterling : il s’agit d’« organiser en une entité plastique un groupe d’objets. » Still life pour les Anglais, bodegon pour les Espagnols, ces termes désignent des réunions d’objets silencieux. Un univers clos, un monde à l’arrêt mais ouvert à l’évasion comme au rêve, c’est ce qui séduit les artistes modernes et témoignent de leurs conquêtes plastiques, conséquemment de leurs infléchissements expressifs : néo-impressionnisme, fauvisme, cubisme, réalisme. Tout bouge, se voit différemment, se réécrit, se repense. Oser déconstruire la couleur, déconstruire les volumes d’un objet ou faire le choix de son observation fidèle, c’est encore élire dans le monde qui nous entoure ce qui paraît le plus commun. C’est avec l’objet que les cubistes et leurs épigones renouent avec la figuration. Représenter devient le mot d’ordre pour plusieurs générations de peintres jusqu’à aujourd’hui où l’art figuratif connaît un authentique regain. En 1934, une exposition consacrée aux maîtres de la réalité rappelait l’importance d’une peinture de tradition française attachée à l’architecture de la forme présente, faite d’observation patiente et contemplative, d’une exécution mûrie par la maîtrise du dessin, la puissance de la ligne animée, la densité de la couleur et de sa tactilité. Avec le retour au sujet, les peintres qui fondent en 1935 le groupe des Forces Nouvelles - auquel a appartenu Georges Rohner - réhabilitent l’objet. Ils prônent une construction faite de mesure et de goût. Chacun est conscient que l’abus de réalisme, l’étroitesse d’esprit nuiraient à la vérité de son art. Il s’agit donc de trouver le bel équilibre, l’harmonie et la noble architecture de la composition dans laquelle les objets trouvent naturellement leur place sous la pression des forces imaginatives. Entre douceur de vivre et tension ascétique, entre lyrisme et rigueur, la synthèse répond à un besoin d’ordre et de discipline. Le réalisme, respectueux du réel, en s’exprimant sous des formes multiples, échappe à la banalité réaliste et acquiert du style. Du naturalisme chromatique de Despierre au Jansénisme de Bertholle, des tons assourdis et contrastés de Ceria au luminisme d’Henri Martin, de l’expressionnisme de Raymond Guerrier au mystère des photos en noir et blanc de Jean-Marie Auradon qui renvoient à l’ascèse picturale de Rohner, ce sont autant d’expressions stylistiques et sensibles qui s’offrent au regard et à l’esprit. Leurs œuvres voisinent pour un dialogue qui souligne la diversité d’une réalité humaniste. Un répertoire renouvelé d’objets réserve des surprises plurielles où tous nos sens sont convoqués. Dans un temps suspendu, celui de la durée indéfinie, les objets inanimés ont valeur d’éternité. Dans ces espaces d’immobilisme de la réalité et d’attente, laissons-nous surprendre par l’insolite grandeur des choses les plus humbles, leur tragique beauté, leur étrangeté ou plus simplement le parfum d’une beauté édénique. La liberté d’une observation profonde, patiente, nourrit le langage de la peinture dans une volonté d’échapper aux dilutions mentales. Une place privilégiée a été accordée à Georges Rohner et à Jacques Despierre qui se sont connus en 1930 à l’Ecole des beaux-arts, amis inséparables jusqu’à l’Académie des beaux-arts où ils sont respectivement élus en 1968 et 1969. Ils sont des hommes de conviction, de combat pour la reconnaissance du « métier », l’héritage des maîtres au service d’une vision entre création et découverte. Leur analyse de l’esprit est affectivement tournée vers Poussin, les Vénitiens, Chardin, David, Delacroix, Cézanne, Matisse, à l’instar de leur confrère Bertholle. Rohner chantre du grand classicisme héritier d’Ingres, Despierre l’architecte, né dans la peinture chez son père Ceria. Ils sont coloristes et dessinateurs dans la pérennité de l’art pour servir toute civilisation. « L’humilité de Chardin implique moins une soumission au modèle qu’une destruction secrète de celui-ci au bénéfice de son tableau » écrit Malraux dans Les Voix du silence (Paris, 1951). Les peintres réunis dans cette exposition sont tous redevables à Chardin et démontrent une constante picturale, identitaire de l’école française renouvelée avec l’Ecole de Paris. Qu’ils s’éloignent de l’illusionnisme ou le revisitent, qu’ils reprennent l’acte de peindre comme un exercice plastique en tentant de résoudre les différents problèmes que pose l’art, qu’ils interrogent leur modèle en s’efforçant de restituer dans leurs œuvres la noblesse et l’autorité d’un classicisme n’ayant plus rien de conventionnel, ils affirment leurs qualités de dessinateur, de coloriste, au service de la singularité de leur langage. **Lydia Harambourg, historienne et critique d’art Membre correspondant de l’Institut, Académie des beaux-arts** ### BESTIAIRE — Art animalier, Chasse, Chevaux Dates : Du 23 mars 2023 au 07 avril 2023 Statut : passée De Lami à La Boulaye, cette exposition explore la tradition de l'art animalier français à travers des œuvres représentant le monde du cheval, de la chasse et de la nature sauvage. Un parcours entre XIXe et XXIe siècle qui témoigne de la vitalité de ce genre. **Bestiaire Art animalier - Chasse - Chevaux** Premier sujet artistique traité par l’homme, la représentation de l’animal témoigne de l’ancestrale relation qui les unit. Son illustration est présente dans pratiquement toutes les civilisations, sur de multiples supports, depuis les origines de l’art. Dans la hiérarchie des genres édictée par l'Académie Royale, « celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que celui qui représente des choses mortes et sans mouvement » (Conférences de l’Académie, André Félibien, 1667), pour autant des peintres de chasse et de natures mortes comme le flamand Snyders et les français Desportes et Oudry excellèrent en cette matière. Longtemps tenue pour mineure, la sculpture animalière connaît son apogée au XIXe siècle, en partie grâce à l'influence d'Antoine-Louis Barye. Le premier salon d’art animalier a lieu en 1912. L’artiste animalier donne la prééminence à la faune qu'il peint, et celle-ci en devient le sujet principal de l'œuvre, se distinguant des artistes qui l’intègrent à des scènes plus générales. Cet art nécessite une observation patiente et sensible, afin de saisir la justesse des formes et des postures et de « capturer l’âme », pour faire référence au titre de l’exposition Rosa Bonheur, s’étant tenue l’année dernière au château de Fontainebleau. Ce regard se retrouve dans les dessins de Jean-Baptiste Huet (1745-1811) et d'Eugène Lami (1800-1890) comme dans ceux de René Hérisson (1857-1940) et d’Isabelle Hennessy (1958) réalisés au Jardin des Plantes à Paris. Il se double d’une recherche du mouvement et de l’émotion dans la représentation des chevaux de courses par Jacques Despierre (1912-1995) et dans celle des oiseaux sauvages par Patrice Bac (1946). Depuis une cinquantaine d’années, l’art contemporain développe une antithèse de la sacralisation de l’animal des temps anciens, et tend à exprimer le regret du lien vital qui les unis. En témoigne l’œil attendrit et amusé d'Ileana d’Orléans (1970) sur les crocodiles et les pélicans exposés. Il est question, dans cette exposition, du regard bienveillant que l’homme porte sur l’animal, mais aussi de l’incessant combat auquel ils se livrent. Dans le tableau de Verboeckhoven (1798-1881), Loups affamés attaquant un groupe de cavaliers, dont nous présentons une esquisse, le sort des premiers chevaux en est jeté, et les hommes désarmés semblent suivre le même destin. Enfin, le combat que le veneur mène avec ses chiens, face à l’animal sur le territoire qui est sien, n'a-t-il pas une chance minime d'être victorieux ? ### Despierre (1912-1995) Dates : Du 15 octobre 2025 au 07 novembre 2025 Statut : passée À l’occasion des trente ans de la disparition de Jacques Despierre (1912-1995), la galerie présentera un ensemble d’œuvres provenant de son atelier et de collections particulières. Meubles peints pour Jacques Adnet, tableaux et médailles témoignent d'une œuvre riche entre classicisme et modernité. **Jacques Despierre (1912-1995)** Fils du peintre Edmond Ceria, Jacques Despierre est très tôt initié à la peinture. Il commence à étudier à l’Académie Colarossi, puis à l’Académie scandinave où il suit l’enseignement de Charles Dufresne qui professe la nécessité d’une architecture structurée dans l’organisation du tableau. Despierre entre aux Beaux-Arts dans l’atelier de Lucien Simon en 1929. Au Louvre, il admire Chardin, Corot et Delacroix. À la demande paternelle, Despierre s’initie parallèlement à la gravure et illustre son premier ouvrage en 1930. Ses amitiés avec Gruber, Tailleux, Tal Coat, Lasne, Brayer, Humblot et Rohner sont synonymes d’émulation. Dans les galeries, Despierre découvre Picasso, Bonnard et Matisse puis il rencontre Jacques Villon, Charles Despiau et Marcel Gromaire qu’il admire. Grâce à l’architecte Jean-Charles Moreux, il découvre que « la surface est à la fois un phénomène concret et abstrait », sujet qu’il approfondit à la lecture de Mattila Ghycka. Sa première exposition a lieu chez Jeanne Castel en 1938, année où il gagne le Prix Paul Guillaume. Pendant et après la guerre, il réalise des travaux d’art décoratifs : meubles peints et tapisseries pour Jacques Adnet, fresques pour la Faculté de Pharmacie de Paris, puis pour les paquebots La Marseillaise et Ile de France notamment. Il travaillera pour de nombreux établissements publics tout au long de sa carrière. Despierre expose régulièrement à la Galerie Charpentier, à la Galerie de l’Elysée, puis chez René Drouet et chez Marcel Guiot. La critique est élogieuse : Waldemar Georges, George Besson, Pierre Cabanne et Jean Bouret vantent son œuvre. En 1969, Despierre est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts et l’année suivante, la Galerie de Paris lui consacre un accrochage autour des vues de Loire, jardins de Grèce et baigneurs. Sept ans plus tard, la galerie Wildenstein expose un ensemble de vues de Grèce et de toiles de chevaux. Hommages lui sont rendus dès 1973 à la Monnaie de Paris puis à Saint-Etienne. Présent dans de nombreux Salons, Despierre est membre fondateur du Salon de Mai, à qui il donne son nom. À la manière des artistes de la Renaissance, Despierre aime aborder toutes les techniques : il réalise des peintures murales et des mosaïques, illustre des ouvrages, dessine des cartons de tapis et tapisseries pour le Mobilier National et des décors de vases pour Sèvres, réalise les vitraux de Notre-Dame de Liesse et 80 médailles pour la Monnaie de Paris. Apprécié par la jeunesse et de nature pédagogue, Despierre succède à Gromaire au poste de chef d’atelier d’art mural à l’Ecole des arts décoratifs, et y introduit l’enseignement de la fresque et de la mosaïque. Ses œuvres sont notamment conservées au Centre Pompidou, au Musée d’art moderne de Paris, au Musée des Beaux-arts d’Orléans, au Musée de Grenoble, au Mobilier National au Virginia Museum of Fine Arts et au Victoria & Albert Museum. ### Camille Pissarro — Dessinateur et Graveur Dates : Du 18 mars 2025 au 11 avril 2025 Statut : passée La Galerie Louis Barrand présente un ensemble rare d'eaux-fortes et de dessins inédits de Camille Pissarro (1830-1903). Moins connue que sa peinture, l'œuvre gravé de Pissarro révèle un artiste expérimentateur, attentif aux effets de lumière et aux scènes de la vie rurale. **Camille Pissarro et la gravure** Considéré comme le « père des impressionnistes », Camille Pissarro est un travailleur acharné qui se remet sans cesse en question. Paul Cézanne, un de ses amis, affirme : « Nous sortons peut-être tous de Pissarro (...). C’est lui, le premier impressionniste. » Pissarro se lance dans la gravure au début des années 1860, principalement sous l’influence d’un mouvement de peintres-graveurs surnommé « le renouveau de l’eau-forte ». Avec Degas, il est l’impressionniste qui s’intéresse le plus sérieusement à l’estampe : les deux hommes introduisent très tôt la taille douce dans leur pratique. De leur rencontre va subsister un ensemble d’estampes dont le caractère expérimental fait date dans l’Histoire de l’art. Sans le savoir, Degas et Pissarro créent avec l’estampe « originale » un objet d’art adapté à toutes les fortunes. Après 1890, rallié dans la lutte sociale aux idées anarchistes, Camille Pissarro cherche à associer sa pratique de graveur et ses convictions. Selon Michel Melot, il « trouve dans l’estampe le médium qui peut offrir l’unique à tous et le meilleur pour tous ». Contrairement à la peinture, l’impression conserve le souvenir des « états » appelés à disparaître. Pour Pissarro, chaque « état » est considéré comme une œuvre achevée. Pour Christophe Duvivier, « Pissarro innove en sachant qu’il ne va pas être compris des marchands ni des collectionneurs d’estampes. » Il parle de « sensation d’art » ou encore « d’impressions gravées. » Par la gravure, Pissarro poursuit ses recherches dans diverses techniques. Ainsi, la gravure se révèle pour le peintre impressionniste comme un laboratoire expérimental qui contribue à son évolution durant les vingt-cinq dernières années de sa carrière. Pissarro, comme relève Jean Leymarie, est avec Degas « le plus graveur des impressionnistes et le plus impressionniste des graveurs.» Enfin, selon Charles Kunstler, « Camille Pissarro a laissé un grand nombre de planches - près de 200 -, dont la plupart s’impose à l’admiration par leur transparence, par l’observation aiguë de la nature, par la richesse et l’originalité de la technique. Presque inconnu de son vivant, l’œuvre gravé de Pissarro fut révélé au grand public en 1923, vingt ans après la mort du maître, quand parut le catalogue de ses estampes ». Un siècle plus tard, la galerie a l’honneur de remettre en lumière ce corpus exceptionnel, qui place son auteur au rang des plus grands graveurs de l’Histoire de l’art. **Les dessins inédits** L’ensemble de gravures présenté à l’occasion de cette exposition est complété de vingt-huit dessins dont dix-sept inédits provenant de la succession de Claude Bonin-Pissarro. Il est le fils du peintre français Alexandre Bonin et de Jeanne Pissarro (dite Cocotte, 1881–1948), fille de Camille. Jeanne, contrairement à ses frères, est la seule des enfants qui ne recevra pas l’éducation artistique inculquée par le « père des impressionnistes ». En effet, comme nous l’a signalé Lionel Pissarro, arrière petit-fils du peintre, Madame Pissarro se refusa à l’idée que sa fille devienne artiste et privilégiera des activités de couture ou de broderies, comme le reflètent les différents portraits réalisés par son père. Les dix-sept dessins inédits étaient absents de la vente de la collection d’Alexandre Bonin et Jeanne Pissarro ayant eu lieu le 26 juin 1931 à l’Hôtel Drouot. Ils sont donc montrés pour la première fois dans le cadre de notre exposition. Nous présentons également deux pièces issues de la vente de 1931 : La Chaumière et La Jeune Paysanne, ainsi qu’une dizaine de dessins rassemblés au fil du temps et sur lesquels nous avons effectué des recherches bibliographiques afin d’en retracer la provenance. Nous les avons également soumis au regard avisé de Joachim Pissarro qui réalise le catalogue raisonné des dessins de son aïeul, et qui a délivré un certificat d’authenticité pour chacune de ces feuilles. Le but de notre exposition est de mettre en regard l’œuvre gravé et dessiné de Camille Pissarro. Nous souhaitons ainsi que soit reconsidéré le corpus de gravures posthumes, pendant trop longtemps oublié, et qui pourtant constitue la version la plus aboutie du travail de l’artiste (dernier état), tel qu’il l’a souhaité. Nous mettons sur le même plan les gravures posthumes et les dessins préparatoires qui portent très souvent le même monogramme (Lugt 613e). À travers ces deux facettes de son œuvre, le trait de Camille Pissarro, au burin ou au crayon, se trouve confronté au regard du visiteur. ### Encre — Dessins français XIXe-XXe Dates : Du 26 mars 2026 au 17 avril 2026 Statut : passée Un parcours à travers le dessin français des XIXe et XXe siècles. De Pissarro à Gruau, en passant par Despierre, Bertholle et Mason, cette exposition explore la richesse du dessin comme discipline autonome et comme espace de liberté pour les artistes. ### Abstraction Française Dates : Du 07 octobre 2026 au 30 octobre 2026 Statut : en cours