Marcel Gromaire (1892-1971)
Né dans le Nord en 1892, Marcel Gromaire commence sa scolarité à Douai et la poursuit à Paris. Il abandonne vite sa carrière juridique et commence en 1910 à fréquenter quelques ateliers de Montparnasse. Il effectue son service militaire à Lille et passera six ans à l’armée, participant à la Première Guerre mondiale durant laquelle il sera blessé.
Gromaire rencontre Maurice Girardin qui, pendant dix années, lui achètera par contrat l'ensemble de sa production. Il s'installe Villa Seurat en 1925 et poursuit la rédaction de ses notes personnelles qu'il tiendra jusqu'à la fin de sa vie. Il expose alors La Guerre au Salon des indépendants.
Comme Rouault ou Dufy, Gromaire travaille à l'écart des groupes et des courants. Ami de Matisse et de Léger dans sa jeunesse, il n'est cependant “l'élève de personne”. Il crée son propre style, qu'on ne peut confondre avec aucun autre, alliant un puissant souffle lyrique avec le goût d'une construction géométrisante.
Marcel Gromaire invente ainsi un réalisme qui s'affranchit des règles et reflète un peu l'inspiration des primitifs romans ou gothiques. Il est reconnu très tôt par les galeries et les musées : Pierre Matisse l'expose à l'inauguration de sa galerie new- yorkaise en 1931 et, de 1947 à 1956, il est exposé à la Galerie Louis Carré. Il réside à Aubusson de 1939 à 1944 et participe au mouvement du renouveau de la tapisserie aux côtés de Jean Lurçat. En 1950, Gromaire est nommé professeur à l'École nationale supérieure des arts décoratifs qu'il quittera en 1962 au profit de Jacques Despierre. Nommé commandeur de la Légion d’honneur en 1954, il reçoit le prix Guggenheim national en 1956, le Grand Prix national des arts en 1958 puis le prix Carnegie en 1962.
En 1933, sa rétrospective à la Kunsthalle Basel est une première consécration. En 1963 une nouvelle rétrospective lui est consacré au musée national d'art moderne puis en 1980, au Musée d'Art Moderne de Paris. Le docteur Girardin lègue sa collection de 500 œuvres, parmi lesquelles d’importantes toiles de l’artiste, au Musée d'Art Moderne de Paris. Cette collection est actuellement exposée dans le cadre d’un Hommage à Maurice Girardin : collectionneur, galeriste et mécène.
Le rayonnement intellectuel de Gromaire en fait le porte-parole de l'art indépendant durant les années 1920 à 1950. La solidité de cette œuvre la place au- dessus des modes et des époques. Elle est présente dans de nombreux musées parmi lesquels le Musée d’Art Moderne de Paris, le Centre Pompidou, La Piscine de Roubaix, le musée de Quimper, le musée d’art Roger-Quilliot à Clermont-Ferrand et le musée des Beaux-arts de Rennes. Un importante rétrospective lui a été consacrée en 2020 à Honfleur, à Sète et à Roubaix.