Portrait de Gustave Singier (1909-1984)

Gustave Singier (1909-1984)

Gustave Singier, né en Belgique d’un père ébéniste et d’une mère tisserande, est marqué dans son enfance par la Grande Guerre. En septembre 1914, la famille est évacuée puis logée à Paris après l’Armistice. Gustave suit de 1923 à 1926 les cours de l'École Boulle qui le forment au dessin architectural et au design de mobilier. Il travaille de 1927 à 1939 comme dessinateur dans une société d'agencement de magasins avant de se tourner vers la peinture.

Singier rencontre le peintre Charles Walch qui l’encourage et lui révèle les libertés de l’expression picturale, notamment en ce qui concerne la couleur. Il participe aux nombreux Salons parisiens à partir de 1936 : Salon des Indépendants, Salon d’Automne, Salon des Tuileries. En 1939, il fait la connaissance de son voisin, Alfred Manessier, de ses amis Elvire Jan et Jean Le Moal, puis est mobilisé l'année suivante dans l'armée belge. Jusqu’en 1944, il travaille dans l'atelier d'ébénisterie de son père et participe à l'exposition Vingt jeunes peintres de tradition française, aux cotés de Manessier, Bazaine et Bertholle. Il se réfugie en 1944 chez Alfred Manessier, dans le Perche où séjourneront également Elvire Jan, Jean Le Moal et Jean Bertholle.

Comme d’autres peintres de sa génération, Singier découvre Kandinsky, Klee, Mondrian ; cette nouvelle voie sera déterminante à la libération de la forme picturale. Sa peinture, selon Philippe Le Burgue, sera sans aspérité ni lourdeur, conçue a la manière flamande avec un chromatisme élevé sur lequel viendront s’inscrire des idéogrammes fragmentant l’espace. Ce travail savant, intériorisé, cache pudiquement, sous la beauté formelle de son image, la sensibilite du peintre.

En 1945, il expose au Salon de Mai dont il est l'un des fondateurs avec Despierre et Manessier. La galerie Billiet-Caputo réalise en 1949 sa première exposition personnelle à Paris, la galerie de France présente ensuite régulièrement son travail. Attiré par le travail des jeunes artistes, il est nommé professeur à l'académie Ranson en 1951 puis à la demande d’André Malraux aux Beaux-Arts de Paris en 1967. Singier réalise de nombreux cartons de tapisseries et des vitraux, des mosaïques, des costumes et décors de théâtre.

Il meurt le 5 mai 1984 à Paris. Ses œuvres sont présentes au Musée d’art moderne de Paris, au Centre Pompidou, aux musées des Beaux-Arts de Nantes, Rennes, à Colmar, Toulouse, Meudon, Saint-Etienne, Genève, et Québec notamment.

Œuvres